« Thomas, bordel, arrête de coder et va faire tes pompes ! »

Guitariste

L’équipe.
Demandez à n’importe quel entrepreneur 3 éléments clés de la réussite d’une startup, je suis prêt à parier que 100% d’entre eux vous répondront « l’équipe ». Bon, il y a bien les entrepreneurs solitaires qui vous diront « l’exécution », mais ça revient presque au même.

Au début, je ne comprenais pas trop. Enfin, je comprenais, mais ça me paraissait si évident que je ne pigeais pas pourquoi tout le monde insistait si lourdement là-dessus.

Après 5 mois à fond dans le projet, ça y est, je crois que je commence à avoir ma petite idée.

Parce qu’en 5 mois, j’ai échangé plus de 20.000 messages sur Slack avec mes associés, fait une quarantaine de réunions de travail, et surtout, j’ai vu la quasi-totalité de mes amis entrepreneurs s’embrouiller pour des questions d’équipe.

Mais pas seulement des petites embrouilles hein ! De vraies grosses tensions qui peuvent dégénérer salement. Des règlements de compte entre associés, entre amis parfois. Et des avocats de temps en temps pour venir apporter un petit peu de piment.

Et là, c’est quitte ou double. Soit l’équipe parvient à retrouver un équilibre, parfois au prix de quelques ajustements, soit la startup est quasiment condamnée à mourir.

L’un de mes plus gros défis aujourd’hui est de réussir à préserver notre équilibre d’équipe : nous sommes 5 fondateurs, et nous savons que ce n’est pas commun pour un début de projet.

Je pense sincèrement qu’en 5 mois avec mes associés, j’ai appris davantage en termes de management qu’en 4 ans à l’ESSEC. L’une de nos forces, c’est la confiance absolue que nous nous accordons entre associés. Ça va peut-être vous surprendre, mais nous ne travaillons pas tout le temps ensemble. Même pas la majorité du temps. Parfois, il se passe même une après-midi sans que nous échangions le moindre message.

Pourquoi ça fonctionne ? Parce que nous sommes tous persuadés que chaque membre de l’équipe est en train de faire le maximum pour le projet.

Nous nous sommes « choisis » sur un coup de cœur, sur une opportunité, sur une coïncidence presque. Mais plus important, nous avons choisis des partenaires que nous estimions, et qui nous forcent à être toujours au top. Aujourd’hui, je respecte trop mes associés pour pouvoir faire du boulot dégueulasse.

Il y a quelques jours, nous avons voulu faire une démo live de notre produit. Devant 100 personnes.
Tout se passait bien en répétition. Sur scène, rien ne fonctionne. Je suis comme un con avec mon micro, devant 100 personnes qui attendent le début de la musique. Je continue mon pitch, en essayant de cacher au maximum le stress. Un grand sourire pour montrer que je respire la confiance. On y croit.

Le soir même, Thomas, mon associé, m’envoie un texto pour me dire qu’il est désolé. Qu’il assume pleinement l’échec de la démo, et qu’il fera le maximum pour que ça se passe mieux la prochaine fois.

Mais tout ça, je le savais déjà. Je ne me suis pas questionné une seule seconde suite à cet échec sur l’implication de Thomas ou sur le fait qu’il allait faire tout faire par la suite pour que je puisse faire des démos parfaites.

Bon, alors, quel est ce fameux rôle de « manager » si tout se passe presque tout seul ?
Je dirais qu’il est presque invisible, presque inconscient. C’est savoir questionner sans remettre en question l’autre, savoir challenger sans douter de la compétence. Souvent, c’est une manière de formuler les phrases ou les questions. Parfois, c’est conseiller sur quelque chose qui nous regarde pas forcément directement. Mais c’est toujours montrer une confiance totale.

Allez, je vais vous donner un dernier exemple.
Thomas, encore lui, est un énorme sport-addict. Un vrai de vrai. Le genre qui se prépare pour faire des iron-man (son temps, 11h04 pour info). Et j’ai appris, à force de travailler ensemble, à reconnaître les signes qui montrent qu’il a besoin de faire du sport. Il se lève plus souvent. Il parle moins. Il met la musique à fond. Evidemment, il perd en productivité.

Mais parfois, merde ! Il reste planté devant son ordi devant ses lignes de codes. Il s’impose lui-même la pression de terminer telle ou telle tâche, et s’interdit d’aller se défouler.

Et c’est là où je pense avoir un rôle. Celui de lâcher une simple phrase :
« Thomas, bordel, arrête de coder et va faire tes pompes ! »

Vincent

PS : Inscrivez-vous à notre newsletter ici pour être tenus au courant des nouveautés sur nos projets, et n’hésitez pas à partager cet article si il vous plait !

 

Al-go-quoi ?

Photo algorithme

  • « Ah et vous créez un nouveau service ? »
  • « Oui, en fait c’est simple, tout est fondé sur un algorithme… »
  • « Ah d’accoooord. »

Un problème ? Pas de problème, il y a l’algorithme. L’algo plutôt d’ailleurs. LA solution magique.

Mais que se cache-t-il derrière ce buzz word à la mode ? N’est-ce qu’un mot fumeux pour startups vides de fond et de fonctionnalité ?

Définition

D’après ce bon vieux dictionnaire Larousse, un algorithme est un « ensemble de règles opératoires dont l’application permet de résoudre un problème énoncé au moyen d’un nombre fini d’opérations. Un algorithme peut être traduit, grâce à un langage de programmation, en un programme exécutable par un ordinateur. »

En gros, tu prends plein de données. Tu les places dans le mixeur algorithmique. De cette interface puissante ressortent des solutions d’application opérationnelles magiques engendrant des taux de croissance jamais atteints auparavant. On se retrouve comme l’état-major de l’armée britannique devant Alan Türing et le premier ordinateur, alors construit pour craquer le code allemand Enigma : « Bullshit, man ! ».

Et pourtant…

Une étude conduite en parallèle par Accenture et le MIT en juin 2014 a démontré que 92% des entreprises ayant investi massivement dans l’Analytics et la recherche algorithmique avaient joui d’un retour sur investissement supérieur à leurs attentes.  Et ce, dans tous les secteurs de l’industrie : banques, telco, manufacturiers, etc.

L’algorithme est donc une réalité surfant sur la vague de la digitalisation de nos économies et des échanges toujours plus massifs de données via le phénomène de l’Internet Of Things.

Les géants de la donnée

3,3 milliards de requêtes sont effectuées chaque jour (100 milliards par mois) sur Google. Une mauvaise SEO (Search Engine Optimization) et votre site n’existe tout simplement pas dans l’esprit des consommateurs.

De son côté, la data team d’Uber a mis au point un algorithme qui compile et analyse l’historique des trajets de l’utilisateur, le comportement des autres personnes faisant appel à la société de VTC et la popularité générale des endroits proches. Avec une précision de 74%, la société californienne est ainsi capable de prédire la destination de ses utilisateurs.

Des domaines d’application infinis

Mais le Big Data n’est pas seulement l’apanage de grands groupes monopolistiques cherchant simplement à engranger de plus larges revenus publicitaires (Google, Critéo) ou d’améliorer la performance d’une plateforme ubérisant l’économie et poussant des métiers traditionnels à s’adapter pour ne pas disparaitre (créant même « un abîme où l’homme n’est plus que l’esclave de la plateforme » selon le philosophe Bernard Stiegler, diantre !). Il existe des applications sociales du Big Data.

Bayes Impact, startup fondée par Paul Duan, jeune génie de Sciences Po parti dans la Silicon Valley à 23 ans, en fait partie. Nous avons rencontré le phénomène. Humble mais ambitieux, calme mais passionné, discret mais leader, Paul vaut le détour.

Paul Duan

Un algorithme utilisant les données des pompiers de NYC pour réduire la durée nécessaire à une intervention ? Done.

Un projet de réduction du chômage en France de 10% en créant une plateforme de match entre les besoins du marché et les profils des demandeurs d’emploi ? En cours.

La vague du Big Data est inarrêtable. La question est de savoir ce que l’on fera de ces empreintes digitales que nous laissons par jour et par milliers sur notre chemin.

Zack et TAP dans tout ça ?

Chez Zack, nous utilisons un algorithme pour optimiser le prix de revente de vos objets : nous sommes convaincus que pouvons les vendre plus cher que vous n’y arriveriez seuls et que votre gain serait plus important à l’issue de votre expérience client. Une de nos solutions pour déterminer le prix de vos objets ressemble pas mal à la vôtre : aller voir sur internet le prix d’objets similaires. Sauf que quand vous regardez une poignée d’annonces datant des derniers jours, notre algorithme analyse des centaines voire des milliers d’objets. Vendus en France ou à l’étranger, neufs ou un peu usagés, issus de vendeurs plus ou moins réputés, tous ces objets nous rapprochent de la détermination du prix optimal.

Merci à tous pour votre fidélité sur ce blog et à très vite !

PE (avec la participation de nos experts Thibaut et Thomas)

 

« Tu te débrouilles, je n’ai pas envie de t’aider »

Bonjour à tous,

Cela faisait un petit moment que je n’avais pas pris la parole sur le blog, et pour recommencer l’année en beauté, j’aimerais réfléchir sur une différence fondamentale que nous avons constatée entre la Californie et la France : l’art de savoir s’acharner.

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L’équipe TAP !

Et pour cela, un premier exemple tout simple : nos emails quotidiens.

En France, lorsque j’essayais de contacter quelqu’un (peu importe la raison !), je me permettais un email de relance. Avec deux, j’avais l’impression d’être déjà un peu trop insistant. De dépasser les limites de la politesse.

A San Francisco, l’un des premiers conseils reçu était tout simple : « Si vous pensez que vous êtes pertinent, relancez, relancez et relancez encore. On ne vous en voudra jamais, personne ne veut rater une occasion. Ou on vous dira d’arrêter. »
Et ça marche.

Un des entrepreneurs que j’ai rencontré m’a même affirmé avec un demi-sourire qu’il ne répondait jamais au 1er mail. Il s’agissait d’un moyen comme un autre pour lui de trier ceux qui étaient vraiment motivés à l’idée de le rencontrer. Je ne sais toujours pas s’il se foutait de moi.

En réalité, l’insistance et l’audace permettent parfois d’obtenir de belles opportunités. Petite histoire marrante à ce sujet : il y a quelques temps se tenait à San Francisco le « SF Music Tech Summit », une grosse journée de conférence sur l’innovation technologique dans le secteur de la musique. Autant vous dire que j’étais chaud.

Et là, le drame. $500 l’inscription. BAM. Direct du droit.

Je tente une première approche : je vais voir notre prof à Berkeley pour lui demander si par hasard il n’aurait pas un contact susceptible d’obtenir une place pour moi.

Réponse laconique, efficace, crochet du gauche :
« Tu te débrouilles, tu es entrepreneur. Si tu n’y arrives pas, je verrai ce que je peux faire. Mais je n’en ai pas envie. »

Je tente un premier mail à l’organisateur de l’évènement. Je me présente et lui demande s’il est possible d’obtenir une réduction.
Pas de réponse.
Le lendemain, deuxième mail.
Pas de réponse.
Le surlendemain, veille de l’événement, nouveau mail.
Une réponse, une ligne !
“Ok, get ready to get your hands dirty”.

Le lendemain, j’assistais à toutes les conférences, gratuitement. J’ai pu rencontrer énormément de personnes, de Devialet à Kickstarter. J’ai également pu pitcher notre startup devant une centaine de personnes.

Le soir de l’évènement, après le cocktail de clôture, ma deuxième journée commençait. Rangement, déménagement des stands, nettoyage des salles de conférences.

Le deal était simple : tu viens gratuitement, mais tu fais le larbin jusqu’à ce qu’on te dise stop. Je ne regrette pas d’avoir accepté.
Je suis rentré à 3 heures du mat, complètement explosé mais content de ma journée.

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Aujourd’hui, de retour à Paris, je garde cette expérience comme une leçon sur l’attitude à adopter : essayer de ne jamais laisser passer une occasion.

Le projet a bien évolué depuis : premier prototype fonctionnel, premières personnes qui rejoignent l’équipe (des supers designers !) et première petite levée de fonds auprès de business angels (peut-être !). Nous allons également lancer une première landing page, un compte Facebook, participer à des concours… Le mois de janvier s’annonce passionnant !

Ah, oui ! J’ai failli oublier. On cherche un nouveau nom.
TAP c’est sympa, mais ça reste le nom d’une compagnie d’aviation portugaise. Ça veut aussi dire « robinet » en anglais accessoirement. Si vous avez des idées de noms, je suis preneur, n’hésitez pas à m’envoyer un mail.

Continuez à nous suivre en nous laissant votre adresse email ici, et recevoir une notification au moment de la publication d’un nouvel article.

A bientôt,

Vincent

Et oui, déjà la fin (de Berkeley uniquement oh !)

Cela fait quelque temps que nous n’avions pas donné de nouvelles sur ce blog… mais rassurez-vous  (je veux croire que ça vous inquiétait), tout va plutôt pas mal pour nos deux startups et les dernières semaines ont  été mouvementées !

La première partie de notre programme à San Francisco s’est achevée le 8 décembre dernier : la Consule de France à San Francisco, Pauline Carmona, nous a remis nos diplômes du programme « Learn2Launch Innovation and Entrepreneurship » à la Résidence de France, qui au passage, a une très jolie vue !

Champagne, discours et petits fours pour clore 4 mois ultra intensifs.

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Un peu de pub pour notre programme…

Petit rappel de l’objectif de la formation : exposer des étudiants français à la culture de la Silicon Valley.  Notre promotion, la troisième, était composée de 38 étudiants provenant d’une demi-douzaine d’écoles. Et l’histoire ne fait que commencer. Le programme devrait doubler en capacité dès l’année prochaine et s’ouvrir à d’autres écoles et institutions en Europe, et ailleurs.

Et il y a déjà quelques belles success stories !

Des projets de startup purement académiques et sans avenir sur le marché ? Que nenni ! En trois ans, de belles boîtes ont émergées : Prynt (un Polaroid nouvelle génération, capable d’imprimer une photo instantanément à partir de la coque d’un smartphone), ou encore Dreem (un bandeau destiné à améliorer la qualité et la durée du sommeil profond). Prynt a réalisé la plus grosse levée française sur Kickstarter, $1,6M en début d’année, avant de réaliser son seed-round pour venir s’installer à San Francisco dans la foulée.

Et nos startups alors ?

L’issue de notre programme fut sanctionnée par des présentations finales de 8 minutes par équipe. Exhaustivité, précision, fluidité devaient être les maîtres mots de cet exercice visant à convaincre des investisseurs de la Bay de voter pour notre projet.

Le jury a globalement souligné la qualité remarquable des travaux des dix projets développés au sein de Lean2Launch. Deux projets qui ont choisi de ne pas continuer l’aventure en ont profité pour présenter les différentes barrières rencontrées et le chemin parcouru jusqu’à la décision finale de se séparer : un « Learn to Fail » riche en enseignements et collectivement reconnu par le public.

Zack s’est distingué par la fluidité et le design travaillé de sa présentation, ainsi que l’apprentissage terrain réalisé pendant le programme (déjà $1677 de CA en bêta-test!). La démonstration vidéo a renforcé ce sentiment souligné par Liz Allen, ex bras-droit de Steve Jobs dans la go-to-market stratégie d’Apple. Le jury s’est ensuite fendu de nombreuses questions pointues ainsi que de feedbacks extrêmement utiles, notamment sur la question cruciale de la logistique.

C’est TAP qui est ressorti grand gagnant du concours Learn2Launch en remportant le prix du jury et le prix du public. La présentation du prototype fonctionnel ainsi que des avancées de l’équipe de Vincent a tout raflé ! Il vous racontera tout cela très prochainement.

A très vite pour de nouvelles aventures et bonnes fêtes à tous,

PE.

 

 

 

 

 

“Je ne perds jamais. Soit je gagne, soit j’apprends. » Nelson Mandela.

Lorsqu’il prépare le lancement d’une startup, l’entrepreneur consciencieux semble devoir viser la perfection pour le produit qu’il souhaite délivrer. Nul doute qu’il doit le faire parvenir à maturation avant de l’ouvrir à la concurrence. Le soumettre à la dure loi d’un marché toujours plus riche en solutions, et aux regards de consommateurs toujours plus exigeants.

Il n’en est rien. Construire un produit parfait dans son laboratoire avant de le soumettre au marché n’est pas la solution. Ce processus est extrêmement coûteux, en temps et en argent.

Le timing avant tout

Un nouveau produit, hardware, service, réseau social, doit répondre à un besoin identifié dans le timing du marché actuel. Ce besoin peut parfois sembler évident à définir mais se décline souvent en de multiples caractéristiques difficiles à saisir. Le seul moyen d’obtenir une « big picture » est d’aller rencontrer le consommateur. Echanger avec lui, apprendre à le connaître, dans ses spécificités comme dans ses traits partagés avec d’autres clusters. Et élaborer avec lui progressivement une réponse adaptée.

Nous avons eu la chance de visiter la design-school de Stanford le mois dernier, un laboratoire où sont nés de nombreux concepts qui ont révolutionné le quotidien de milliers de personnes. Nous nous attendions à trouver des machines sophistiquées, des outils ultra-modernes à la pointe de la technologie actuelle.

Voici ce que nous avons découvert :

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Just do it

Des ciseaux, des scies, des clous, tel était le matériel à la disposition des meilleurs ingénieurs du monde à Stanford. Le but, passer le plus rapidement de l’idée à la réalisation concrète, physique. Fabriquer, plutôt que de simplement penser en chambre. Confronter son produit à la réalité, à la faisabilité technique autant que du regard d’autrui. Echouer pour améliorer sans cesse. Montrer une démo bricolée à un investisseur dubitatif, le convaincre avec un début d’idée pour l’embarquer dans l’aventure et qu’ils en fournissent les moyens financiers. Construire ce qu’Eric Ries et Steve Blank, apôtres du lean startup, ont appelé « Minimum Viable Product ».

Fake it until you can make it

L’itération permettrait ainsi d’obtenir un produit performant, répondant à un vrai besoin du marché. Illusoire me direz-vous ! Un produit scalable ne saurait en aucun cas être issu de clous et de scotch dans un petit atelier d’arts plastiques ! Ecoutez pourtant cette jolie histoire.

Chaque année, plus de 20 millions de bébés à travers le monde naissent prématurés ou en état d’insuffisance pondérale. Déterminés à créer une couveuse bon marché, Jane Chen, Rahul Panicker, Nag Murty et Linus Liang, 4 étudiants de Stanford, ont accouché d’une idée toute simple : un duvet chauffant qui maintient le nourrisson à une température constante. Cet article coûte 1% du prix d’une couveuse classique et il peut s’utiliser à la ville comme à la campagne. Ainsi est née l’association Embrace, implantée à San Francisco et sans but lucratif. 3 000 bébés ont pu en profiter en 2014, 50 000 devraient pouvoir faire de même d’ici 2017.

Dans cette armoire de la d-school, on retrouve les différents prototypes élaborés petit à petit pour aboutir à la couveuse finale. Une couveuse imaginée à partir de rien.

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Et nos startups dans tout ça ?

Zack a appliqué ce principe lean dans la préparation de son lancement. Nous avons réalisé nos propres expériences afin de définir le service le plus adapté. Pendant 3 semaines, nous avons distribué des boîtes dans les environs de Berkeley, dans lesquelles nous avons placé des flyers aux messages variant selon les scénarii testés. Le but : tester nos segments de clients, le type d’objets dont nous pouvons nous occuper, les différentes caractéristiques que nous voulons proposer tout au long de l’expérience utilisateur.

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N’hésitez-plus. Faites.

PE.

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*Le taux de mortalité à un an des startups au niveau mondial est de 90% selon Alice Zagury, co-fondatrice de The Family

 

Du partage dans la Valley

Un lundi matin 9h, Hearst Memorial Mining Building, Berkeley.

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Construit en 1907, le HMMB est décrit comme « the architectural gem of the entire UC system ». C’est là où se déroulent nos cours.

« Professeur, nous encourageriez-vous à rencontrer des concurrents directs et à partager nos avancées avec eux ? »

Réaction interloquée des étudiants.

Dans un monde où des sommes astronomiques sont chaque année mises en jeu au nom de la défense de la propriété intellectuelle (pour rappel, la firme sud-coréenne Samsung a été condamnée à verser plus de $1Md à Apple à l’issue de leur long conflit juridique lancé en 2011 par Steve Jobs*), cette question semble aussi absurde que naïve.

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Réponse sans hésiter de notre directeur de programme Mark Coopersmith (senior fellow à Haas business school, multi-entrepreneur à succès, présent au board de plusieurs entreprises de Fortune 500) :

« C’est une excellente idée. Vous avez assimilé la philosophie de la Valley. » (Ça sonnait mieux en anglais mais vous avez saisi l’idée.)

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Expression générale engendrée par ladite réponse

Au premier abord, il semble que la discrétion soit une qualité essentielle de l’entrepreneur à succès. Son parcours naît d’une idée, une idée qu’il veut innovatrice et à fort potentiel. Elle n’a pas encore été utilisée, pas encore été appliquée à grande échelle et représente donc un actif intellectuel à préserver jalousement.  Dans un monde où les informations circulent à une vitesse effrénée, cette idée pourrait être pillée par une entreprise ayant les moyens de la concrétiser plus rapidement ou encore par d’autres entrepreneurs motivés et talentueux.

Cette vision est une vision bornée de la création d’entreprise et a été rejetée depuis longtemps par les acteurs de la Silicon Valley, l’antre mondial de l’innovation et de l’entrepreneuriat, berceau de Facebook, Google ou Apple. Après créativité et liberté, le troisième pilier de sa devise est solidarité. Une solidarité créatrice de richesses. En voici un bon exemple.

Zack n’a pour le moment pas de concurrent direct en Europe, du moins sur le créneau précis du service que l’on souhaite proposer. Ce n’est pas le cas aux US. Gone, startup fondée par Nicolas Bayerque, étudiant à l’Université du Texas d’Austin, s’est lancée dans l’aventure il y a à peu près un an. Premier bilan : plus de 100 000 objets vendus pour un CA d’environ $25M. Solide. Très solide.

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Un p’tit côté latino et tout

Nous avons cherché à le contacter pour profiter de son expérience dans le cadre de Zack. Sur les conseils de Mark, nous avons joué la carte de l’honnêteté en lui présentant notre projet de lancement à Paris.

Here is what happened

Nicolas nous a consacré près d’une heure au téléphone, en prenant soin de répondre avec la plus grande exactitude possible à la totalité de nos questions : supply chain, stratégie go-to-market, partenaires, tout y est passé. Pire, c’est lui qui nous relançait pour être sûr que nous avions épuisé toutes nos questions. Résultat : nous avons plus appris de lui en une heure qu’en un mois d’étude de marché assidue.

Vous pensez que Nicolas a commis une erreur stratégique ? Au contraire, il a tout compris.

Une vision à long terme

Le partage permet l’enrichissement mutuel. Notre expérience du secteur et du service que nous proposons est aujourd’hui réduite. Nous ne sommes qu’aux prémices de la compréhension de nos consommateurs et de notre proposition de valeur optimale. Nous ignorons tout des contraintes logistiques ou de la galère de conclure un partenariat effectif. Mais notre expérience va s’accroître à mesure de nos expérimentations et de l’avancée de notre produit. L’enseignement que Nicolas nous a fourni va pouvoir fructifier et lui servir en retour comme une graine qu’il aura semée généreusement au lieu de renfermer sa connaissance sur lui-même. Cet effet est démultiplié à partir du moment où tous les acteurs d’un écosystème aussi riche que la Silicon Valley choisissent d’agir communément en fonction de ce principe. Nous sommes par ailleurs des partenaires potentiels, le jour où Gone souhaitera s’étendre en Europe et avoir un allié plutôt qu’un rival dans un marché jalousement cloisonné.

Quel plaisir en tant qu’étudiant de pouvoir poser nos multiples questions sans risque de voir une porte se fermer, de pouvoir aborder des sommités du monde entrepreneurial que l’on pensait ne pouvoir même jamais approcher.

N’hésitez plus, partagez cet article ! Et abonnez-vous pour nous encourager en suivant ce lien.

PE.

*Article du Monde datant du 25/08/2012

« Wow. Ah oui, quand même. »

University of California, Berkeley

C’est très certainement la première chose qui nous vient tous à l’esprit, à nous étudiants français, lorsque l’on débarque pour la première fois sur un campus américain tel que celui de l’Université de Berkeley en Californie. Une petite ville de 30 000 étudiants auxquels il faut ajouter 15 000 employés et enseignants. Dont sont sortis diplômés 65 prix Nobel, 19 Oscars et 11 prix Pulitzer. Bref, une autre dimension.

Nous sommes 40 étudiants  français réunis pour un semestre intensif à Berkeley. La règle est simple : nous avons 4 mois pour lancer notre startup. Pendant ces 4 mois, nous pouvons profiter de toutes les infrastructures de l’université, de ses professeurs, de son réseau, et de la vigoureuse énergie entrepreneuriale qui habite la baie de San Francisco. A nous de savoir en profiter.

Nous avons tous de l’ambition, tous des idées. Le plus dur, c’est de trouver la bonne. Avec la bonne équipe. Et dans le bon timing.

Ce blog a pour ambition de vous présenter deux startups qui se sont créées au sein de ce programme, il y a maintenant un mois.

Deux équipes, deux projets, et surtout deux histoires totalement différentes. Nous voulons à travers ce blog écrire des histoires croisées, et offrir une opportunité de comparer de manière réaliste la croissance de deux startups.

TAP : une enceinte sans fil, nomade, résistante, avec une bonne qualité sonore. Rien de bien nouveau jusque-là, non ?
Mais suivez-nous. On va sortir une innovation qui déchire.

Zack : votre chez-vous est encombré d’objets de valeur dont vous n’avez plus l’utilité ? Manque de temps ou flemme de les vendre ? Confiez-les à Zack et transformez-les en cash sans effort pour arrondir vos fins de mois ! Zack calcule le meilleur prix pour votre objet grâce à son algorithme, vient le chercher sur place ou vous envoie un colis pré-timbré, s’occupe du processus de vente et de la gestion de la relation avec l’acheteur…et vous paye en retour. Si vos objets ne peuvent être vendus, Zack vous propose de vous en débarrasser gratuitement en les donnant à des associations.

Nous avons hâte de partager avec vous nos avancées, nos échecs, et nos petites joies d’entrepreneurs !

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Merci !

Les équipes TAP & Zack.

Découvrez qui se cachent derrière ces deux startups dans notre article suivant.